09 juillet 2008
Fin du PARTENARIAT AVEC le "THEÂTRE DU PONT-TOURNANT"
Je mets en ligne aujourd'hui la lettre que j'ai adressée le 1er juillet aux membres du Conseil d'Administration du Théâtre du Pont-Tournant.
J'avais indiqué dans ces lignes que j'attendrai huit jours avant de la diffuser.
Si le Directeur du Théâtre m'a longuement appelé au téléphone le jour de son envoi, je constate que cette lettre est restée sans réponse de la part du dit Conseil d'Administration.
A chacun d'en tirer les conséquences.
"Bordeaux, le 1er juillet 2008,
Jean-Michel Devésa
Président de « Black Empire, l’autre rive »
au Conseil d’Administration
du Théâtre du Pont-Tournant
s /c de M. Stéphane Alvarez
Directeur
Mesdames, Messieurs,
Du 1er janvier au 30 juin 2008, l’association que je préside a organisé 4 expositions de collages, de photographies et d’arts plastiques dans les locaux du Théâtre du Pont-Tournant au terme d’un partenariat élaboré en à l'automne 2007 entre Stéphane Alvarez et moi-même.
A aucun moment des discussions et conversations que nous avons eues alors, Stéphane Alvarez ne m’a fait part de la nécessité, pour lui, de recueillir l’aval de votre Conseil d’Administration.
Au terme de notre accord, mon association avait « carte blanche » (l’expression est de Stéphane Alvarez) quant au choix des artistes exposés et de la programmation.
Par ailleurs, comme mon association travaille de manière professionnelle et avec rigueur, avant de formaliser notre partenariat, j’ai pris soin de « montrer » à Stéphane Alvarez le travail des quatre artistes que nous souhaitions exposer :
je lui ai donc fourni les adresses des sites internet accueillant un échantillon des œuvres de Rey et Biardeau, une documentation relative à Gaildraud et Lara.
J’ai en outre précisé (en fournissant l’adresse télématique de mon association) que « Black Empire, l’autre rive » avait pour vocation de défendre des artistes et des écrivains relevant de l’« extrême contemporain ».
Mon association a donc œuvré dans la clarté et le Théâtre du Pont-Tournant SAVAIT ce à quoi il s’engageait. Stéphane Alvarez ne m’a jamais dit qu’il devait bénéficier de l’accord ( ?), ni du soutien ( ?), ni de l’aval ( ?) de votre Conseil.
Pendant ces six mois, nous avons travaillé ensemble. Les quatre expositions se sont déroulées normalement, avec quatre vernissages qui ont attiré, selon les dates, entre 50 et 80 personnes. Ces manifestations ont été « relayées » dans la presse. Notre association a fait en outre bénéficier le Théâtre du Pont-Tournant du soutien de notre partenaire Le Syndicat viticole des Vins des Côtes de Bourg.
Pour notre part, tout en ayant conscience des insuffisances de ce premier « travail », nous étions ravis et nous voulions reconduire l’expérience tout au long de l’année 2008-2009. Nous l’avons explicité oralement très tôt et nous avons même présenté à Stéphane Alvarez certains artistes auxquels nous songions pour cette nouvelle saison (Emeline Abeloos, par exemple).
Or, en mai d’abord, puis lors d’une conversation téléphonique en date du 10 juin, Stéphane Alvarez, Directeur du Théâtre du Pont-Tournant, m’a signifié que « plusieurs membres » de votre Conseil d'Administration avaient exprimé des critiques à l'endroit, en particulier, de l'exposition "Carnata" de Jean-Pierre Rey, jugée ne correspondant pas à l'image que le Théâtre du Pont-Tournant souhaite donner de lui, et de nature à choquer une partie du public que le Théâtre reçoit.
Stéphane Alvarez a jouté que ces mêmes membres de votre Conseil d’Administration estimaient que l'association "Black Empire, l'autre rive" pouvait en 2008-2009 continuer à organiser des expositions dans les locaux du Théâtre du Pont-Tournant, SOUS LA CONDITION qu'elle accepte que le dit Conseil d'Administration ait un « DROIT DE REGARD » sur (le contenu de) sa programmation.
Je suis certain de restituer fidèlement les propos de Stéphane Alvarez.
J’ai indiqué à Stéphane Alvarez que je me devais de consulter les artistes et les membres de mon association. Ce qui a été fait.
A ce jour, je suis donc en mesure de vous faire part de ces remarques :
-votre Conseil d’Administration est pour mon association une entité désagréablement anonyme : nous ne connaissons pas la composition de votre instance et les « membres » de votre Conseil qui ont critiqué notre travail sont pour nous sans visage ni identité ;
-nous observons qu’en six mois celles et/ou ceux qui n’ont pas aimé notre intervention et nos expositions ne sont JAMAIS venus nous le dire. Ils n’ont jamais essayé de prendre contact avec nous. Peut-être même n’ont-ils jamais assisté aux vernissages organisés par nos soins ;
-dans ces conditions, critiquer notre travail, en quelque sorte « dans notre dos », participe d’une attitude à la fois morale et politique, d’aucuns pourraient dire « citoyenne », que nous réprouvons et si nous étions en colère, ce qui n'est pas le cas, nous dirions qu'elle nous fait penser à certaines heures noires de l'histoire de notre pays et de notre ville ;
-de même, nous vous faisons remarquer s’il est dangereux sur le plan artistique et politique de prêter attention aux quelques personnes (toujours courageusement anonymes, pour notre association) qui ont émis des réserves et des critiques à l’endroit de nos expositions, et de ne pas tenir compte du reste du public qui lui n’a rien dit ni exprimé… A ce compte, les « râleurs », partisans de l’ordre moral et peut-être bien aussi incultes pour ce qui est de l’art contemporain, « valent » plus à vos yeux, et importent davantage, que celles et ceux, artistes, professeurs, amateurs d’art, spectateurs aussi du Théâtre du Pont-Tournant, qui ont aimé ou ont été intéressés par nos expositions, et ne l’ont pas fait savoir auprès des anonymes membres de votre Conseil qui ont recueilli, pourtant, les avis outragés évoqués plus haut (j'ai moi-même entendu les éloges dont la soprano que le Théâtre a reçue au printemps a bien voulu gratifier Jean-Pierre Rey pour ses photos... Est-ce que cet avis d'une artiste compte moins que celui "épouvanté" que l'on nous a rapporté ?) ;
-de surcroît, si le Conservateur du Musée d’Orsay adoptait la logique de ces « membres » anonymes de votre Conseil et des spectateurs anonymes eux aussi qui ont trouvé à redire, il lui faudrait « décrocher » "L’origine du monde" de Courbet du mur de son institution. Les éditeurs de manuels scolaires devraient aussi expurger leurs livres des reproductions de tableaux classiques, romantiques, orientalistes, etc., que ces personnes doivent vraisemblablement estimer scandaleux.
Je ne vais pas en rajouter : la demande (qui n’en est pas une, puisqu’il s’agit de mettre mon association en position de rejeter l’« offre ») qui nous a été faite est dérisoire car le « droit de regard » revendiqué participe d’un droit de CENSURE et exprime les préjugés d’un ordre moral que nous ne nous attendions pas trouver dans les parages du Théâtre du Pont-Tournant (je vous signale qu’aujourd’hui les personnes qui nous ont critiqués refuseraient probablement d’« accrocher » dans les locaux du Théâtre les photographies de Pierre Molinier que votre institution prétend pourtant défendre…).
Donc nous ne travaillerons pas, à ces conditions inacceptables, avec le Théâtre du Pont-Tournant ni avec son Conseil d’Administration (toujours pour nous anonyme).
« Black Empire, l'autre rive » renonce à ce partenariat et le fera savoir à ses autres partenaires, à son public, à l’ensemble des personnes avec lesquelles l’association est en relation.
Les choses seront ainsi nettes et claires pour tout le monde.
Comme notre association a le sens de la politesse mais aussi le souci politique de ne pas se comporter en fonction de la tendance sociétale dominante qui est de mépriser l’autre (l’anonymat de nos « contempteurs » en est un exemple), nous considérons que d’ici huit jours chacun d’entre vous aura été informé par Stéphane Alvarez, sous le couvert duquel nous vous écrivons (faute de connaître vos identités…), de l’envoi de cette lettre, en aura reçu une copie et aura eu le temps de la lire. Nous ne vous aurons pas manqué de respect et nous ne vous aurons pas méprisés. Cette période de huit jours passée, nous mettrons en ligne cette lettre sur notre site et nous informerons l’ensemble de notre « réseau » de l’issue malheureuse de ce partenariat.
Pendant ces six mois, notre association a joué loyalement le jeu du partenariat avec le Théâtre du Pont-Tournant et n’a pas hésité à mettre en relation le Théâtre avec deux de nos partenaires, l’Hôtel Bordeaux-Chartrons et Le Syndicat viticole des Vins des Côtes de Bourg. Le Théâtre en a ainsi bénéficié. Il appartiendra évidemment à ces partenaires de se déterminer, en fonction de leurs propres objectifs, quant à la façon dont ils regarderont à l’avenir le Théâtre du Pont-Tournant. Ce faisant, nous prions votre Conseil d’Administration et le Théâtre du Pont-Tournant de ne plus se réclamer de notre association et/ou d’un quelconque membre de notre association, dans les futurs rapports avec ces deux structures.
Je vous prie d’agréer l’expression de mes salutations distinguées,
M. Jean-Michel Devésa"
Commentaires
Oh là là mon pov'gars ; c'est bien sympa, on aimerai bien se faire une idée et éventuellement peut-être être solidaire ne serais-ce que par la pensée, mais bleu sur noir, c'est comme rouge sur noir, c'est au-dessus de mes possibilité. Faudrait penser quand on écrit que y'a des infirmes sur le net... Même avec mes lunettes noires (spéciales vues) ça passe pas, désolé.
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